
J. Edgar
Réalisé par : Clint Eastwood
Avec : Leonardo DiCaprio, Naomi watts, Judi Dench, Armie Hammer...
Genre : Biopic
J. Edgar, c'est avant tout la mise à nu d'un personne archi-célèbre, John Edgar Hoover, directeur du FBI pendant 48 ans, mais dont la réputation fausse peut-être l'image que tout le monde a de lui, notamment en Europe.
Le maître Eastwood signe ici une biographie construite comme un drame personnel, dont le héros est disséqué, analysé, décrit avec une objectivité admirable, rabaissé au niveau d'être humain banal pour mieux expliquer ses actions.
Sans tourner autour du pot, la réalisation est irréprochable. Tous les plans sont magnifiques, calculés au millimètre, et laissent à tous les acteurs l'occasion de crever l'écran à chaque apparition. De plus, la mise en abyme, façon Social Network, avec un Edgar qui narre son histoire à son biographe, est parfaitement maîtrisée et toujours à propos. Le tout est admirablement monté, et transforme un film qui aurait pu s'emmêler en récit passionnant.
Côté casting, si Eastwood a toujours su très bien s'entourer (à part dans son petit dernier, Au-Delà), ce serait un euphémisme que de dire que DiCaprio est excellent. Bien qu'il n'a plus à démontrer ses talents d'acteur depuis longtemps, il se fond littéralement dans son personnage, tantôt jeune, à ses débuts à 27 ans, tantôt vieux, jusqu'à sa mort à 77 ans. Un grand écart que le maquillage BenjaminButtonien et un jeu subtilement efficace que partage son partenaire Armie Hammer, incroyablement fin et crédible dans son rôle de n°2 du FBI. Eastwood n'oublie pas les penchants homosexuels refoulés de son personnage, et la complicité grandissante entre Hoover et Tolson est parfaitement dirigée, jamais mièvre, jamais caricaturale.
Pour interpréter la mère sage et hyper traditionaliste du jeune Hoover, une grande dame du théâtre et du cinéma britanniques, Judi Dench, dans un rôle qui lui va merveilleusement bien, celui d'une mère aimante, qui pousse son fils à la réussite.
On regrettera l'importance toute relative du personnage de Naomi Watts, qui ne lui donne pas l'occasion de briller, mais qui reste très convaincante à ses quelques apparitions.
Enfin, un détail qui mérite qu'on s'y arrête, la BO, d'un sobre, humble, mais magistral piano solo, a été composée par Clint himself, comme il l'avait fait pour Gran Torino notamment, et c'est une réussite totale.
Conclusion :
Si J. Edgar n'est pas LE chef d'oeuvre du Maître, il n'en reste pas moins un excellent film, superbe de par son image, passionnante par son récit, et fascinante par son objectivité. Il serait dommage de passer à côté d'un grand moment d'Histoire, tant ce biopic est réussi (et l'Académie risque d'approuver).