de schizoïdman » Ven 20 Avr 2012 18:30
Transformers 3 de Michael Bay
Le film manipule le spectateur : c’est ce qu’on peut reprocher aux blockbusters depuis Jaws. En même temps, on peut dire que Hitchcock créait une tension, jouait sur la peur, mais pour refléter des pensées nettement plus profondes. Ici c’est un cinéma de la stimulation. Il y a des films qui laissent le temps de penser, ou qui font réfléchir, qui expriment une certaine ambiguïté . Ou bien le cinéma a toujours été de la manipulation (effet Koulechov): on offre aux spectateurs des scènes émouvantes, des scènes d’action, le western c’est ça, après on peut y voir des thématiques, John Ford (je ne me souviens que d’une courte séquence critique du film Young Mr Lincoln par Jean Douchet qui montre comment le corps et la gestuelle de l’acteur Henry Fonda font passer des messages, sont l'expression de l’intériorité du personnage) développe sa vision, son questionnement. Qu’est-ce qui restera de ce film ? C’est moins bien écrit et imaginé que Star Wars, c’est même, de manière obsédante réduit à un affrontement de quelques personnages vite esquissés, les robots ont autant de personnalité que les humains, il faut aller vite, entre les deux clans des Transformers ne figurent qu’une opposition, et la trahison d’un seul qui fait l’idée principale du scénario, Michael Bay sait qu’il filme comme dans une publicité, pour vendre quoi ? Un produit : son film. Transformers 3 c'est la signature cinématographique de la pensée libérale: d'où le succès.